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WP3S-3.1

Changes and perspectives of human mobilities in euro-Mediterranean area

Workshop


La révolution néo-libérale dans les villes euro-mediterranéennes

Entre violence, médiations et prolifération des interactions à travers le nouvelles mobilités humaines et les échanges multiples

 

15-17 Février 2010, Genova

Workshop organisé par Dipartimento di Scienze Antropologiche (Università degli Studi di Genova)
lieu Facoltà di Scienze della Formazione corso Podestà 2, 16128 Genova

 

Présentation

Les villes ont toujours été les lieux où se déploient au plus haut niveau tous les phénomènes sociaux les plus importants: les conflits, le contrôle social et du territoire, les migrations voisines et lointaines et le va-et-vient de personnes pour les plus diverses raisons, le développement de la socialité et les «hybridations» culturelles. Ainsi, les changements déclenchés depuis les années 1970 par le développement néo-libéral et sa globalisation ont provoqué dans les sociétés urbaines des nouvelles violences mais aussi des nouveaux moments de mobilisation pour la paix et la solidarité, des nouvelles mobilités parfois violemment rejetées et cependant de plus en plus intégrées dans la vie quotidienne comme l'un des éléments les plus significatifs d'une «hybridation» culturelle qui va du local au national jusqu'au global et vice-versa.

Les villes euro méditerranéennes ont été parmi les plus secouées par ces changements. Elles ont vécu et parfois vivent des moments fort difficiles sinon tragiques: que l'on songe à Beyrouth, à Alger, à Jérusalem, et plus récemment aussi à Madrid. Même si avec une gravité de loin inférieure, presque toutes les villes sont devenues par moment des lieux de frontières, des lieux de persécution des plus faibles, c.-à-d. des tziganes, des migrants, des exclus. En effet, la violence qui semble propre au développement néo-libéral globalisé s'est manifestée à l'échelle de la société urbaine par une déstructuration brutale qui a rejeté une partie de la population dans l'exclusion sociale jusqu'à la pousser vers la condition d'"excédent humain". Alors que toutes les villes euro méditerranéennes avaient presque toujours été des lieux de fortes mobilités en tout genre, au cours de ces dernières vingt années elles sont parfois devenues des frontières infranchissables et violentes. Il suffit penser aux villes grecques, italiennes, françaises et espagnoles où l'accès des ressortissants des pays méditerranéens non-UE n'est plus libre, et où l'assise économique et sociale précédente liée à ces mobilités a subi un déclin considérable. En même temps, le business du sécuritarisme violent a souvent pris le devant de la scène nourrissant des mobilisations réactionnaires et racistes en faveur d'une recomposition sociale eurocentrique qui aujourd'hui s'alimente de l'anti-arabisme au nom de l'antiterrorisme.

Cependant, les échanges entre les villes euro méditerranéennes ne se sont pas du tout affaiblis. Si la "guerre" aux migrations a fait des milliers de victimes et ne cesse pas d'en faire, ainsi que les expulsions et les déportations collectives manu militari, les migrations ont quand même continué à se perpétuer contribuant à revitaliser une bonne partie des sociétés urbaines non seulement des pays d'arrivée mais aussi des lieux de départ. En effet, les villes des pays non-UE sont devenues des hauts lieux du développement touristique et surtout des délocalisations de toute sorte d'activités des pays de l'Union européenne. Les flux des containers qui sillonnent la mer et les routes de tous les pays euro méditerranéens ont acquit une ampleur jamais connue. De même, toutes les villes sont devenues lieux d'arrivée, de transit et de départ; le va-et-vient de personnes qui circulent à l'instar des communications, des marchandises et des savoirs ne cesse pas d’augmenter malgré la globalisation néo-libérale prétend leur interdire cette mobilité.

La guerre actuellement en cours, non seulement in Irak, semble caractériser l'ambition d'une domination violente du désordre permanent et se répercute sur les villes euro méditerranéennes à travers des mécanismes et des pratiques qui ne favorisent pas la solution négociée et pacifique des malaises et des problèmes sociaux accentués à cause du développement néolibéral. L'asymétrie entre dominants et dominés (entre riches et pauvres) semble s'accroître par l'érosion des droits fondamentaux de tous les êtres humains et aussi par le démantèlement des droits civiques acquis par les mouvements sociaux. Que deviennent-elles alors nos villes dans un contexte où les marges de négociation pacifique semblent s'effacer ? Quelles sont les possibilités non pas d'une résistance qui défend le passé mais d'une résistance qui puisse profiter de la globalisation et en particulier de l'élargissement de l'Union européenne en faveur d'une perspective effectivement pacifique et de réelle affirmation des droits de tous les êtres humains? Celles-ci ne seront peut-être pas des questions rhétoriques inutiles, voire mystificatrices, à la condition de chercher à y répondre à travers une pensée critique effectivement libre et commune à des personnes de tous les pays euro-méditerranéens.

Le workshop Ramses² du 15-17 février à Gênes réunira les chercheurs qui depuis longtemps essayent de suivre et comprendre les transformations que leurs villes sont en train de vivre parfois avec des résultats très heureux et d’autres fois avec des conséquences tragiques. Ainsi J.F Pérouse décrira l’extraordinaire développement d’Istanbul, la ville qui pourrait être considéré la plus hybride parmi tous les grandes villes du monde entier et en particulier de l’espace euro-méditerranéen. Une hybridation qui est le résultat d’une très longue histoire de continuels croisement et cohabitations entre personnes d’origines disparates et aussi le résultat des grands changements connus depuis les années 1950 sans pour autant effacer les traits saillants de sa splendeur et de ses cotés plus cachés et tristes. Antonello Petrillo nous proposera une description de ce qu’on pourrait appeler l’Istanbul du continent européen, c.-à-d. Naples, avec ses changements qui n’effacent pas ni ses aspects passionnants, ni ses aspects horribles, connus par tout le monde grâce à ses grands artistes de théâtres et de cinéma qui ne pouvaient être que l’expression de cet ville tout comme Marseille a généré les siens. La crise dite des «poubelles» de Naples est en réalité assez emblématique et concerne un peu tous les pays de la Méditerranée. Silvia Finzi nous donnera une description assez originale et affinée de Tunis, la ville qui se divise entre l’imitation des assises urbaines européennes et ce qui reste de son passé, tout comme la société locale apparaît bouleversée par le conflit entre changements et réaction conservatrices. De son coté Gênes, décrite par Palidda est l’un des exemple les plus extrêmes de la transformation de la traditionnelle ville portuaire et industrielle (tout à fait semblable à Marseille, décrite par Donzel) dans une ville touristique et de transite des flux de la globalisation. Faut-il penser que Gênes et Marseille sont l’extrême opposé de ce que devient Istanbul? De son coté Peraldi qui a longuement étudié les changements de Marseille regardera le phénomène du coté du Maroc où toutes les villes sont bouleversés par un développement très rapide qui passe par des grandes œuvres à l’instar de celles connue par Barcelone et par bien d’autres villes du pourtour euro-méditerranéen. Frank Mermier et Cedric Parisot nous parlerons de villes en guerre ou villes frontières (Beyrouth et Jérusalem). Dalila Nadi décrira des aspects paradoxaux d’Alger et d’autres sociétés urbaines tandis que d’autres intervenants proposerons des réflexions sur des aspects qui concernent un peu toutes les sociétés, par exemple la production du racisme et de l’antiracisme dont parlera Manuel Delgado, l’art de rue et l’art des migrants dont parleront Dal Lago qui donnera aussi quelques suggestions sur l’expérience de l’ethnographie sociale de la ville.

Salvatore Palidda, responsable scientifique du workshop

 

Liste des intervenants

  • Alessandro Dal Lago, professeur de l’Université de Gênes

  • Giuseppe Dato, Président de l ?université de Syracuse

  • Manuel Delgado Ruiz, professeur de l’Université de Barcelone

  • André Donzel, Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme Aix-en-Provence

  • Silvia Finzi, professeure de l’Université de Tunis

  • Frank Mermier, directeur de recherche, Laboratoire d'anthropologie urbaine, CNRS Ivry-sur-Seine, - IFPO Beyrouth

  • Dalila Nadi, Zentrum Moderner Orient, Berlin

  • Salvatore Palidda, professeur de l’Université de Gênes

  • Haim Yacobi, chercheur Department of Politics and Government at Ben Gurion University - Israël

  • Michel Peraldi, directeur du Centre Jacques Berque de Rabat

  • Jean François Pérouse, directeur de recherche à Istanbul

  • Antonello Petrillo, professeur de l’Université Suor Orsola Benincasa de Naples

  • Ahlam Rahmi, chercheuse auprès du Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger).

- Le workshop se déroulera en français.
- Pour tout renseignement écrire à
palidda@unige.it

- Le workshop Art in Migration / Migration in Art / Pratiche dell’arte e mobilità se déroulera les 19-20 février avec la participation de  D. Sparti, G. Pipitone, G. Suzanne et deux artistes de Marseille, A. Pinotti, A. Paci, L. Mosso, A.Dal Lago (sur Simon Rodia et les Watts Towers) et un spectacle avec Mohamed Ba et le Reading di “naufrages” de A. Dal Lago
 

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