Colloque organisé par Telemme dans le cadre du programme Ramses² Présentation Le rapport du Sujet au récit ou à la factualité de l’histoire a amplement été travaillé, dans le cadre des recherches historiennes, sous les questionnements dudit Sujet comme acteur, témoin, ou comme réceptacle et miroir de la complexité de l’histoire. Dans tous les cas il s’agissait, au premier chef, d’informer la discipline historique, en vue d’accroître l’objectivation de son propre point de vue. Repartant de la notion d’identité narrative proposée par Paul Ricœur, dont on soulignera la valeur heuristique, nous déplacerons ici le point d’observation pour interroger les capacités d’inscription de l’histoire dans l’économie narrative du Sujet pour lui-même. Il conviendra de saisir en quoi et comment les faits de l’histoire comme ses mises en récits s’intègrent au sein d’une identité feuilletée, une pluralité de récits (récit de l’intime, récit biographique, récit historique et Grands Récits), dont on soulignera la cohérence globale. Dans le même mouvement, il faudra considérer combien cette économie propre au(x) Sujet(s) nourrit en retour les représentations historiques. Positionnées par quelques interventions généralistes, les communications seront organisées en quatre axes. 1. Expériences de soi et écritures de l’histoire. Toute œuvre historienne est en filigrane une egohistoire. L’on montrera comment le dialogue entre l’histoire et l’intimité du Sujet s’est instauré chez de grands historiens, mais aussi comment l’historien « ordinaire » est nécessairement confronté au retour de son objet dans le champ de son expérience propre. 2. Le moi face à l’histoire. Des expériences fortes et singulières de l’histoire révèlent à quel point celle-ci dialogue avec la constitution intime du Sujet. Soit que le vécu violent de l’histoire ait heurté la mise en représentation du Sujet ; soit que les récits propres au Sujet aient été projetés par celui-ci dans le cadre de ses actes d’histoire comme espace d’autoreprésentation. 3. L’histoire comme ressource de soi. Cette superposition des plans entre récit du Sujet et récit de l’histoire, observée chez les acteurs tant du récit historien que de l’histoire elle-même, est tout aussi présente chez les individus ordinaires. Quoique ayant un rapport moins intense à l’histoire, eux-ci n’en construisent pas moins, au travers de l’histoire réelle et des représentations qu’ils en ont, la considération qu’ils ont d’eux-mêmes. 4. Narrations collectives et histoire. Enfin, diverses contributions tendront à montrer combien cette réflexion de l’histoire au sein du Sujet peut être partagée. Soit que le rapport de l’intime à l’histoire s’opère aussi dans le cadre de récits collectifs, à l’élaboration desquels il participe amplement. Jeudi 9 octobre
Matinée 9h00 – 12h45 9h00 Accueil des participants 9h30 Introductions Questionner les identités narratives 10h00-12h45 Jacques Guilhaumou (CNRS, ENS-LSH, Lyon), Le Moi à l’épreuve d’une nouvelle époque, le tournant du XVIIIe au XIXe siècle. Jean-Noël Pelen (Telemme), Entre intime, histoire et Grands Récits : l’assemblement narratif du Sujet. Claude de la Genardière (psychanalyste, Paris), D’une Algérie à l’autre : des parcours narratifs entre histoire et psychanalyse. Débats 12h45-14h00 Repas cafétéria Après-midi 14h00-18h15 Expériences de soi et écritures de l’histoire Daho Djerbal (Université d’Alger), Récit historien et récit de soi, ou les avatars d’un héros contraint à la reddition. Karima Direche-Slimani (Telemme), Graines d’archives. Quand l’histoire me raconte. Claude Lecouteux (Paris IV), L’universitaire et ses fictions. Débats Pause Katell Berthelot (Centre Paul-Albert Février), Les liens étroits entre historiographie et récit de soi dans l’œuvre de Flavius Josèphe. Bernard Cousin (Telemme), Georges Duby et l’ego-histoire. Débats 18h30 Apéritif dînatoire Vendredi 20 octobre Matinée 9h00-12h30 Le moi face à l’histoire François Dosse (IUFM Créteil), La biographie à l’épreuve de l’identité narrative. Jean-François Chiantaretto (Paris XIII), Lorsque l’écriture de soi dit l’histoire : Primo Levi et Imre Kertesz. Débats Pause Patrick Garcia (IUFM Versailles), François Mitterrand : le Président, l’individu, l’Histoire. Karine-Larissa Basset (Telemme), Récit collectif et économie du Sujet à la source de nouveaux territoires institutionnels dans la France contemporaine. Débats 12h30-14h00 Repas cafétéria Après-midi 14h00-18h15 L’histoire comme ressource de soi Isabelle Luciani (Telemme), « Car je fus de la partie... » Ecriture de l'histoire et surgissement de soi chez César de Nostredame (1553-1629) Judith Lyon-Caen (Paris I), Au miroir du roman. Lecture et écriture des destinées sociales sous la monarchie de Juillet. Jean-Luc Bonniol (Idemec), Histoire et affect. Sur quelques figures émotionnelles procurées par le récit des oppressions passées. Débats Pause Anne-Marie Granet-Abisset (Grenoble 2, UMR Larhra), Les potentialités narratives d’une héroïne. Marguerite Eyméoud, la Jeanne d’Arc du Queyras. Sylvain Venayre (Paris I), La figure du voyageur, entre identité sociale et identité narrative. Débats Samedi 21 octobre
Narrations collectives et histoire 9h30-13h00 Ourania Polycandrioti (Institut de recherches néohelléniques, FNRS, Grèce), L’écriture des Mémoires des combattants pour l’Indépendance (1821) et leurs lectures postérieures. Hélène Wallenborn (Université Libre de Bruxelles), Une histoire des victimes est-elle possible ? L’identité narrative dans les témoignages de survivants des camps nazis. Débats Pause Michelle Zancarini-Fournel (IUFM Lyon, UMR Larhra), Récits « genrés » du moment 68. Maryline Crivello (Telemme), Entrer en histoire. La mise en scène de soi dans les spectacles historiques 13h00 Buffet |