| Dans le cadre du Réseau euro-méditerranéen des centres de recherche en sciences humaines sur l’aire méditerranéenne (RAMSES 2), une école d'été a été organisée à Alexandrie du vendredi 25 au mardi 29 mai 2007 sur le thème "Formes de l'échange en Méditerranée de l'Antiquité à l'époque moderne", en relation avec le WPS 3.1: Les échanges commerciaux en Méditerranée : places, pratiques et cultures marchandes. Cette école d'été s'est adressée à des étudiants doctorants et post-doctorants ayant engagé des recherches sur les échanges en Méditerranée en histoire ancienne, médiévale ou moderne. Thèmes de la rencontre Trois thèmes ont été retenus, en relation avec les recherches développées au sein du WPS 3.1: - le commerce et le stockage des céréales,
- comment définir une place marchande,
- les techniques de production de l'huile et leur diffusion.
Ils ont permis de dresser des bilans historiographiques tout en rendant compte de nouvelles façons d'approcher ces questions. Si Alexandrie a été retenue pour accueillir cette école d’été, c’est parce qu’elle a fait l’objet de recherches récentes aussi bien sur les périodes antique, que médiévale et ottomane. Nous avons débuté cette rencontre par une visite de la ville sur le thème du séminaire. Elle a permis à la fois d’illustrer les lieux de l'échange et de présenter un bilan actuel des recherches menées sur cette ville portuaire d’Egypte. Cette visite a été suivie d’une conférence d’ouverture présentée par Biagio Salvemini, puis d’un débat sur les enjeux de ces journées. Au cours des trois journées suivantes, nous avons organisé des ateliers de travail collectif autour des trois thèmes retenus. Le débat entre antiquisants, médiévistes et modernistes a permis d’enrichir nos questionnements historiques et méthodologiques. Des dossiers de sources mobilisables pour ces recherches ont également été présentés. Ces séances ont alternées avec des sessions réservées à la présentation par les étudiants de leurs travaux et à leur discussion. La Méditerranée a été appréhendée non pas comme une mer intérieure mais comme un espace carrefour, fondamentalement ouvert, en relation avec les mondes africains, asiatiques et européens, un espace où se croisent et se superposent des réseaux omnidirectionnels autour de trois thèmes : le commerce et le stockage des céréales, le rôle des places marchandes et la circulation des techniques - Les céréales ont joué un rôle très important dans les échanges en Méditerranée, notamment en raison du risque de pénurie alimentaire qui ne concernait pas seulement les grandes villes, mais aussi les campagnes, voire parfois même les régions céréalières. En partant de cet exemple, on a pu mettre en évidence la multiplicité des pratiques et des acteurs, des institutions et des cultures de marché, des plus formelles aux plus flexibles. On s’est aussi interrogé sur la cohabitation de liens et circuits commerciaux, reposant sur des normes strictes et correspondant à des identités sociales bien définies avec d’autres où régnait la confusion des rôles et où la multiplicité des rationalités présentes permettait à des acteurs divers, petits et grands, de saisir des occasions d’enrichissement et de s’immiscer tout en souplesse non seulement dans les mouvements browniens du commerce, mais aussi dans les grands circuits structurants des échanges.
- Nous avons aussi reconsidéré le rôle des places marchandes en tenant compte de ces mille formes de spatialisation et de localisation de l’échange. Il s’agissait de se réinterroger sur ce qu’est un lieu d’échanges. En effet en ne retenant que ceux qui ont laissé des sources bien repérables, écrites ou archéologiques, on risquait de passer à côté d’une part assez consistante des flux d’échanges ainsi que des pratiques concrètes qui les accompagnaient. En fait, une partie importante des échanges se faisait sans doute dans des lieux peu voire très peu pourvus d’infrastructures portuaires ou routières, avec de faibles degrés d’institutionnalisation des relations commerciales (structures étatiques, corporatives ou privées).
- Notre troisième thème a porté sur la circulation des techniques en partant de l’exemple de la production de l’huile. On s’est notamment demandé dans quelle mesure elles se sont diffusées à partir d’un modèle unique né dans un contexte spécifique, ou au contraire comment elles ont pu émerger en des lieux multiples sous l’effet de contraintes similaires de manière concomitante ou différée dans le temps. On a aussi débattu des acteurs, de leur jeu, en particulier celui des pouvoirs, de la mise en application de ces techniques, des inerties auxquelles elles se sont heurtées.
Liste des personnes ayant participé : |